Diversion
Film français d'1h10 de Dorothée Sebbagh avec
Sophie Cattani, Moussa Maaski, Aurélie Vaneck.
Après De rouille et d'os je voulais quelque chose de plus léger. Le thème a beau être sociologique, je voyais dans cette comédie romantique un moyen de rire avec de la romance à l'ère de notre temps.
On va sourire. Allez rire un peu quand même.
Emilie 35 ans se donne six mois pour rencontrer l'amour en s'inscrivant sur un site de rencontre un soir de réveillon.
L'enchaînement des rencontres et la diversité des personnalités rencontrées est drôle, il faut le reconnaître. Drôle, pathétique et rageant.
Thierry les yeux bleus est un joueur mais pas dans le sens noble du terme. Mais cette première rencontre énonce d'emblée un des principaux critère de ce type de rencontre IRC. Emilie quittera le bar au bout de quelques minutes. Thierry les yeux bleus aura le mérite d'être honnête dans ses intentions et lui lâchera en guise d'au revoir un bonne chance.
Elle rencontrera ensuite Julien, le romantique. Plus que romantique il est poète et lunaire. L'homme "idéal" ? Apparemment non. Après être passée par la position horizontale et s'entendre déclarer des poèmes de Gérard de Nerval, elle cessera leur relation.
Suivra le danseur, foot_13, le bonobo, Yought Grant - assez drôle, le boxeur, Monsieur X - surréaliste. Emilie pleine de bonne volonté se pliera aux demandes loufoques de certains d'entre eux. Puis le renard du désert. Avec lui l'entente de la première et unique rencontre est parfaite. Il y a des atomes crochus évidents, des baisers seront échangés. Si bien qu'aussitôt un second rendez-vous est fixé au lendemain. Il ne viendra jamais. Pourquoi ? Mystère absolu. J'appelle ça la technique de l'escargot.
Après cette nouvelle déconvenue, Amir qui a assisté à la scène l'aborde et la drague ouvertement mais gentiment. Emilie sourit, répond à son tour courtoisement et s'en va malheureuse comme les pierres.
Entre temps Emilie a croisé, par hasard, Gérard. Ce dernier a manqué de faire une crise cardiaque sous son nez en faisant son jogging. De cette rencontre fortuite naîtra une complicité amicale. Ils feront régulièrement leur jogging ensemble.
Notre célibataire a rencontré également Hicham et son ami Christophe. Elle emmènera Hicham dîner chez son amie Audrey. Le charme opérera mais pas entre les personnes prévues. Emilie confiant son découragement à Audrey, celle-ci lui dit de laisser le hasard agir. C'est bien évidemment lorsqu'elle s'avouera vaincue et que l'expérience Meet me s'avère être un échec que le hasard viendra la cueillir.
Cette bleuette cousue de fil blanc aurait dû me séduire. Malgré quelques moments agréables - les scènes drôles - clairement déçue. Alors si le film ne se veut pas sociologique, il ne s'appuiera pas suffisamment sur l'humour. Côté romance ça manque de profondeur. Tout est survolé.
C'est un film gentil.
A noter tout de même l'excellente prestation de Sophie Cattani. Elle est totalement crédible dans la gêne des rencontres, dans la joie, dans la tristesse et le désarroi. Rôle complètement différent de celui joué dans Tomboy où elle était une mère sûre d'elle attendant son troisième enfant.
Les réalisateurs devraient penser à Sophie Cattani s'ils cherchent une très bonne actrice.
Film franco-belge d'1h55 de Jacques Audiard avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners,
Corinne Masiero.
Il y avait comme une urgence à voir ce film. 1er jour de sortie, 1ère heure de diffusion. Pressentiment de Palme ? On verra. Un prix, assurément.
De rouille et d'os
Souvent je me réfère à l'affiche d'un film après visionnage.
Ici pas de révélation quant à l'affiche. Elle est même plutôt anodine.
De rouille et d'os
Le titre, lui, n'est pas anodin. C'est après l'avoir vu que j'entends les mots. Je ne parle pas d'euphonie mais de la violence qu'il y a dans l'association de ces mots.
Spoiler potentiel
Le premier plan nous fait faire connaissance avec un père et son fils qui vivent comme des va-nu-pieds. Ali a pourtant une destination. Il se rend chez sa soeur. En vivant d'expédients il subviendra à ses besoins et à ceux de Sam.
Il rencontrera Stéphanie lors d'une rixe dans une boîte de nuit où il est videur. En la raccompagnant chez elle, Ali dit tout de go à Stéphanie qu'elle a provoqué ce qui est arrivé. Sans tact aucun. Il découvrira également sa profession. Ils ne se quitteront pas dans les meilleurs termes qui soient. Enfin, lui ne voit pas le mal. Il dit tout simplement ce qu'il pense. Il lui laissera même ses coordonnées.
Tandis qu'Ali renoue avec la boxe, Stéphanie, dresseuse d'orques au Marineland d'Antibes aura un accident tragique lors d'une démonstration publique.
La scène où elle se réveille à l'hôpital est saisissante.
Plus tard Stéphanie rappellera Ali. Pourquoi lui ? Probablement parce qu'elle se souvient de son franc-parler direct. Qu'il n'y aura pas de faux-fuyants. Il est même probable qu'elle ne pense à rien de tout cela mais uniquement parce qu'elle est seule et n'a que lui à contacter à ce moment là. Les collègues et amis ? Encore trop tôt.
De là, ils se fréquenteront. Ils évolueront chacun au contact de l'autre.
Les scènes de combats de boxe sont d'une violence oppressante. On pense à Fight Club ou à Amours chiennes.
Matthias Schoenaerts campe un personnage simple, sans tabou, animal, doté d'une rage violente - scène avec
Sam, entre autres. Pas loin de l'homme de cro-magnon.
Dans ce film la violence est contrebalancé par la beauté. Celle de Marion Cotillard tout d'abord. Plus belle que jamais dans ce film. Le soleil sur son visage, sur la mer, le bruit de la mer, la scène de jeu sur la glace entre Ali et Sam.
C'est à partir de cette scène que le film s'emballe pour finir en apothéose.
L'homme rustre qu'était Ali (opé?) sera complètement éperdu face à un autre évènement dramatique.
Cette scène où il demande à Stéphanie de ne pas raccrocher est bouleversante. Tout comme ces mots qu'il prononcent sur deux plans fondus en un.
Les effets spéciaux ne seraient dû qu'au fond vert. Stupéfiant de réalisme, du moins pour la profane que je suis.
Le film débute et se termine sur deux titres de l'excellent Bon Iver.
De rouille et d'os
Grand film.
Film français de Jean-Marc Barr et Pascal Arnold d'1h17 avec Matthias Melloul, Valérie Maës, Adeline
Rebeillard. Interdit au -12 ans.
Je n'aurais pas vu ce film si je n'avais vu dans une émission les réalisateurs en parler. Le but du film est de rendre ses lettres de noblesse à la sexualité. Démontrer qu'elle est différente de la pornographie si facilement accessible prise comme référence et qui l'avilie.
J'y voyais là une promesse d'un film sensuel et pédagogue.
Comment décrire le film sans paraphraser mot pour mot son titre ?
La sexualité vécue par trois générations différentes au sein d'une même famille.
Les jeunes surtout. Romain, 18 ans puceau, n'a qu'une idée en tête, ne plus l'être (ça vous rappelle aussi quelque chose ?*). D'autant plus qu'il est le seul de la famille avec ce statut. Marie et Pierre, soeur et frère de Romain s'en donne, eux, à coeur joie. Notamment Pierre, le plus malin au jeu de la vie, qui deviendra bisexuel au grès de ses expériences dont le triolisme. Malin car il a deux fois plus de chance de jouir de la vie.
Les parents confondant de normalité selon Romain. Puis Michel, le grand-père cool, à mi-chemin entre Amador et Pierre (dans Je l'aimais).
Le premier plan donne directement dans le vif du sujet.
Des situations et dialogues donnent le sourire. D'autres dialogues plus sérieux seront très jolis à entendre comme ceux de la mère de Romain - elle parle entre autres du choix de vie d'une prostituée** - et de Michel.
Voici les acteurs habillés.
Il existe deux versions du film. Celle en DVD a 5 min de plus et serait plus "explicite". Cette seconde version n'annulerait-elle pas le postulat de départ ?
Film à mi-chemin entre fiction et documentaire.
Pari en partie réussi. Je me serais bien contentée de le voir à la tv sur Arte, par exemple.
La bande son est très bonne (un bon titre passe pendant le petit-déj je crois). Observez également l'affiche, Romain a des goûts musicaux bien actuels comme Hushpuppies.
*Thème universel, tout comme la musique.
**Elle pensait peut-être à Morgane Merteuil ?
Film
français de Romain Levy d'1h40 avec Manu Payet, Clovis Cornillac, Douglas Attal.
Lorsque ce film est sorti j'ai d'emblée eu envie de le voir. J'adore la radio. Si les fées m'avaient saupoudrées d'un talent artistique (à défaut DU talent suprême), lire une chronique - que j'aurais su écrire - à la radio me botterait bien. Pas animatrice, surtout pas. Mais si je ne me suis pas précipitée en salle c'est parce que je craignais qu'il ne souffre de la comparaison avec l'excellentissime Good Morning England. Le synopsis de radiostars est complètement différent du film référence. Ils n'ont de commun que le terme radio. Forte de ce constat, j'ai fait le pas.
Ben a un talent certain pour l'écriture de texte humoristique. Il revient de New York où il s'est fait larguer et où son grand talent à faire du stand up n'a pas été reconnu.
Lors d'une soirée il rencontrera Alex, animateur vedette sur Blast FM. Pas le temps de passer par le petit bain, Ben est aussitôt poussé devant le micro par Arnold l'autre tête emblématique de l'émission Breakfast-club, le boss. Après un grand moment de solitude face à ce micro bien plus impressionnant qu'il n'y paraît, Ben se ressaisira et saura trouver une répartie convaincante. Si convaincante qu'Arnold l'embauche sur le champ au mépris du big boss de la radio. Frédérico est contre car les finances ne le permettent pas bien que l'émission soit n°1 à la médiamétrie.
Ben est donc le nouveau de l'équipe matinale composé d'Alex, Arnold, smiters, Cyril et Jérémie. Ce petit monde sait aussi se faire plaisir en dehors de l'antenne. Peut-être un peu trop. Si bien qu'un drame finit par arriver. Le breakfast-club est rétrogradé en seconde position en terme d'audience. Je vous laisse découvrir comment. Sentence immédiate: tournée à travers la France pour faire remonter l'audimat.
Je ne vais pas savoir définir la subtilité du film. C'est drôle bien sûr. Tout est au second degré. C'est parfois gros mais sans être lourd. C'est même touchant et fin. C'est tout à la fois. C'est subtilement maîtrisé.
A voir pour la scène dans l'autocar lorsqu'ils chantent. Pour les scènes "du doss de la nana nazi". Pour le craquage de smiters ou encore la déflegmatisation de Cyril - le coup des clés.
Par contre je n'ai pas saisi le coup des chambres d'hôtels PMR. Un effet comique de plus ? Je ne sais pas. Si quelqu'un a une théorie à ce sujet.
A voir aussi pour les clins d'oeil musicaux via les tee-shirts, affiches et musique. On verra le T-Shirt le plus vu, il me semble, de Joy Division, Beastie Boys et d'autres que j'ai déjà oublié. L'affiche qui m'a sautée aux yeux et fait très plaisir Hey Hey My My (pendant la soirée de rencontre entre Alex et Ben). Musique actuelle comme Vampire Week-end ou Metronomy.
Par ce film je découvre des acteurs que je ne connaissais pas, tels que ceux qui jouent les rôles de Cyril, Smiters et Ben (alias Douglas Attal vu hier soir au Bus Palladium). Radiostars fut une agréable surprise. Mieux que je ne l'imaginais. Il annihilera toute velléité à une carrière radiophonique. Même planqué derrière un micro ça n'est pas si simple. Demandez à Ben.
Il y a une love story également - pourquoi pensez-vous que j'ai aimé ce film - et la fameuse solidarité masculine - que je regarde toujours avec envie.
Vous ne vous y êtes pas pris à temps pour être au Trianon ce soir ? Ca n'est pas
grave. Venez écouter et/ou découvrir Gaspard Royant. Il jouera le 12 mai - au Bus Palladium en co-plateau avec deux autres artistes (6€). Cette date symbolisera le lancement de son projet
pour un nouvel EP en vinyle qui sortira en septembre. "Ep par Ep Gaspard fait son LP".
Tous les détails sur le projet se trouve ici.
Mise minimal 5€ (un investissement pour qui aime la musique). Si vous hésitez à participer, le mieux est de tester le live au Bus Palladium.
Film Britannique de Paddy Considine d'1h31 avec Peter Mullan, Olivia Colman, Eddie Marsan.
On est qu'au mois de mai mais on tient là un finaliste de l'année.
La scène la plus joyeuse du film se déroule le jour d'un enterrement. Très belle scène d'ailleurs. Une idée de l'ambiance délétère du film.
La première scène annonce d'emblée la couleur du film. Violence.
Joseph lutte contre le mal qu'il incarne. Il lutte contre lui-même. Sa rage qui tutoie avec la folie est palpable. Il se déplace comme un lion en cage. D'animaux il sera question. Entre chiens, bestialité et sauvagerie jusqu'au titre du film. L'explication du titre constituera un moment de tendresse. Pourtant dans ce titre il y aussi le mot tyran.
Hannah, elle, incarne la bonté, une sainte. Une déontologiste. Cette morale la maintient pour vivre et ne pas commettre un acte irréversible.
Ces deux personnages si dissemblables (?) se rencontreront. Cette première rencontre nous fait esquisser un sourire tout en nous touchant. Sourire un élément clé du film (décidément).
Je ne veux pas en dire plus. Ne rien gâcher. Les vrais cinéphiles ne manqueront pas d'aller le voir.
Moi je l'ai vu car j'ai une intuition très développée (en cela je suis une vraie femme).
Le jeu des acteurs est exceptionnel. Sans oublier le rôle de Sam, le gamin. Comme le confère leur nature, l'enfant ressent la nature de Joseph.
Le dénouement est surprenant pour qui ne le devine pas.
Une pointe de second degré pour alléger ce film très dur mais au final très beau.
Film français d'1h23 de Laura Morante avec Laura Morante, Isabelle Carré, Pascal Elbé, Frédéric Pierrot.
Typiquement le type de film que je visionne le 31 décembre habituellement. Une petite romcom jour d'élection ça peut être bien aussi. Un film léger et le sentiment de ne pas avoir voté pour rien. Une bonne journée en somme.
Antoine travaille avec Florence qui est la meilleure amie d'Amanda. Cette dernière est androphobe. Elle trouve toujours une raison légitime pour refuser d'emménager avec son compagnon. Le soir de Noël ils fêtent leur première année de rencontre. Amanda quittera le restaurant et Bertrand pour une sombre histoire de cerise sur le gâteau.
C'est ainsi que Florence sachant Amanda seule pour le réveillon du nouvel an la convie à sa joindre à leur petite sauterie (dans une salle d'un sinistre...). Amanda n'acceptera que parce qu'il n'y aura que des couples et un homosexuel.
En bonne androphobe qu'elle est ce sera l'entente parfaite entre elle et Antoine, le soit-disant gay. Eh oui, il y a un quiproquo.
Maxime, d'orientation homosexuel, se désistera à la dernière minute et c'est Antoine fraîchement séparé de sa compagne qui se retrouvera seul. Elle ignore qu'il n'est pas homo. Lui ignore qu'elle croit qu'il l'est. Et florence, qui voit enfin sa meilleure amie rayonner de bonheur au fil des jours suite à cette rencontre, ignore qu'elle est basée sur ce même quiproquo. Un véritable vaudeville. Elle comprendra la méprise lors d'une discussion avec Amanda qui remplit son caddy de courgettes, carottes et litchis au supermarché. La suite vous la devinez grosso modo.
Cela donne quelques scènes amusantes qui valent surtout aux métaphores d'Hubert, le mari psychanalyste de Florence. Leur relation de couple à travers une porte est une sorte de pied de nez. Il n'y a pas de "normalité", ils sont étranges à leur manière également.
Je serais tentée de dire qu'Isabelle Carré vole la vedette à Laura Morante. Pascal Elbé quant à lui a le jeu le plus juste (ça n'est sûrement pas le bon terme. En tout cas le personnage que j'ai préféré). Il sauve les meubles.
Amanda travaille dans une maison d'édition qui se nomme Happy End. Le dernier plan laisse entendre le contraire à des fins humoristiques. La romance au rire jaune. Un nouveau concept.
Le film est un peu à l'image de son affiche. On s'est pas foulé.
Il aura eu le mérite de me faire connaître le nom d'une pathologie, d'autant plus que je connais quelqu'un dans cette situation. J'ignore si voir ce film lui ferait avancer son smilblick.
Derniers Commentaires